Pour la deuxième année, j’ai eu la chance de reprendre le chemin de Compostelle avec l’association Les Premiers Pas.
Après les premiers pas de l’an dernier, si justement accompagnés par Marc jusqu’à Nasbinals, cette nouvelle portion du Chemin, de Nasbinals à Conques, avait quelque chose d’un passage : celui où l’on marche encore ensemble mais où l’on commence à entendre, au fond de soi, l’appel discret de l’autonomie.
Amandine, notre accompagnatrice, un condensé de bienveillance et de bonne humeur indéfectible, a pleinement incarné cet équilibre délicat : être présente sans prendre toute la place, rassurer celles et ceux qui avaient besoin d’un appui, tout en nous poussant doucement dans le dos, comme on ouvre une porte en disant : « Allez, vas-y… tu vas voir… tu peux continuer sans moi maintenant. »
Et c’est peut-être cela, le plus bel accompagnement : celui qui ne retient pas, mais qui donne confiance pour avancer seul.
Cette deuxième étape fut une nouvelle fois un chemin magnifique, fait de paysages, de silences, de rires, de chaleur (oh mon Dieu la chaleur !!!) de fatigue, d’émotions et de tous ces petits bouleversements intérieurs que seule la marche sait faire naître.
Sur le chemin, on avance avec ses pieds, bien sûr… mais on découvre aussi que les mollets ont une vie intérieure très expressive, surtout après quelques kilomètres de dénivelés positifs… comme négatifs, d’ailleurs ! Les ampoules, les courbatures et les sacs qui semblent mystérieusement prendre du poids au fil de la journée font eux aussi partie du pèlerinage… Mais on s’en moque, parce que c’est justement là que la magie opère : entre deux souffles courts, un fou rire, une montée qui paraît interminable et cette joie simple d’arriver enfin quelque part. On comprend vite que le chemin ne travaille pas seulement les jambes. Il polit le cœur, amenuise les doutes, allège l’esprit, et permet, tout à la fois, de se reconnecter à Soi , à l’Autre et au Monde tout entier.
Merci à Les Premiers Pas pour cette manière si juste d’accompagner : avec bienveillance, présence, confiance et cette belle invitation à devenir peu à peu son propre marcheur. Une expérience précieuse, humaine, profondément vivante… et qui rappelle avec tendresse que l’autonomie commence parfois simplement par réussir à remettre ses chaussures le matin.

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